Les chapelles du Trégor sont de petits édifices religieux disséminés dans la campagne des Côtes-d'Armor, souvent loin des bourgs. Bâties pour la plupart à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance, elles conservent un mobilier et une architecture que l'on ne soupçonne pas toujours depuis l'extérieur.
La chapelle est l'edifice le plus caractéristique du Tregor, plus encore que l'eglise paroissiale. On en compte plusieurs centaines dans les Cotes-d'Armor, souvent isolees en pleine campagne, parfois a plusieurs kilomètres du bourg dont elles dependent.
Cette dispersion s'explique par la trave, l'unite de peuplement bretonne : chaque hameau important a voulu son lieu de culte, ce qui a produit un semis d'edifices que la paroisse seule n'aurait jamais justifie. Beaucoup datent des quinzieme et seizieme siecles, période ou le duche etait prospere et ou les familles nobles finançaient volontiers une chapelle privée.
Reconnaître une chapelle trégorroise
Construites en granit, souvent sur un plan simple, ces chapelles se reconnaissent à quelques traits récurrents. Le clocher-mur, un pignon percé d'une ou deux baies où pendent les cloches, remplace fréquemment la tour. Les portes et les fenêtres portent des décors sculptés qui datent l'édifice, du gothique flamboyant aux motifs de la Renaissance. Autour, un enclos, une fontaine de dévotion ou un calvaire complètent souvent l'ensemble, signe que le lieu attirait les pèlerins bien au-delà du hameau.
Chaque chapelle est placée sous la protection d'un saint, souvent un saint breton invoqué pour la guérison d'une maladie ou la protection du bétail. Cette dédicace donne son nom à la chapelle, comme la chapelle Sainte-Geneviève de Saint-Michel-en-Grève ou la chapelle Saint-Nicodème, et fixe la date de sa fête.
Le pardon, jour de fête de la chapelle
Elles vivent au rythme du pardon, la fete patronale annuelle, souvent le seul jour ou l'edifice est ouvert. En dehors de cette date, une chapelle de campagne est frequemment fermee : se renseigner en mairie avant de se deplacer evite une deception.
Le pardon associe une messe, une procession avec bannières et statues, puis une fête profane où l'on se retrouve autour d'un repas. Assister à l'un d'eux reste la meilleure façon de comprendre ce que ces chapelles représentent encore pour les habitants. Les calendriers sont annoncés localement, au printemps et en été principalement.
Trésors cachés et restaurations
Certaines ne sont plus que des vestiges, comme la chapelle Saint-Riom a Brehat. D'autres conservent un mobilier remarquable, jube, sablieres sculptees ou fresques, qui ne se devine pas de l'extérieur. Voir aussi les eglises et les calvaires qui les accompagnent presque toujours.
Beaucoup de ces édifices doivent leur survie à des associations de sauvegarde, qui organisent des chantiers, des concerts et des ouvertures estivales pour financer les travaux. Les Journées européennes du patrimoine, en septembre, sont l'occasion d'entrer dans des chapelles habituellement fermées, parfois accompagné par les bénévoles qui les entretiennent.
Visiter les chapelles du Trégor
Les chapelles se découvrent idéalement à pied ou à vélo, en suivant les petites routes et les chemins creux qui les relient. Un circuit peut aussi intégrer d'autres témoins du passé, plus anciens encore, comme les mégalithes du Trégor, menhirs et allées couvertes dressés bien avant les premiers sanctuaires chrétiens.
























