Les églises du Trégor forment un patrimoine dense, de la cathédrale de Tréguier aux églises de bourg et aux chapelles de campagne. Elles racontent l'histoire des saints fondateurs bretons, des pardons et des reconstructions successives qui ont façonné le pays.
L'eglise paroissiale est le point fixe autour duquel s'organise le bourg breton, avec son placitre, son cimetiere et son calvaire. Dans le Tregor, elle porte souvent le nom d'un saint fondateur venu de Grande-Bretagne aux cinquieme et sixieme siecles, dont l'Eglise de Rome n'a jamais reconnu la canonisation.
La cathedrale Saint-Tugdual de Treguier domine cet ensemble. Batie du treizieme au quinzieme siecle, elle conserve une tour romane du precedent edifice et abrite le tombeau de saint Yves, avocat des pauvres mort en 1303, dont le pardon du 19 mai reste l'un des plus frequentes de Bretagne.
Les eglises rurales presentent une particularite locale : beaucoup ont ete reconstruites au dix-neuvieme siecle sur un plan plus vaste, en conservant le clocher ou le porche ancien. Un porche du seizieme siecle greffe sur une nef du dix-neuvieme n'est donc pas une anomalie mais la regle dans le pays.
Lire une église bretonne de l'extérieur
Avant d'entrer, il vaut la peine de faire le tour de l'édifice. Le porche, souvent le morceau le plus ancien, abritait autrefois les réunions du conseil de paroisse et présente parfois des statues d'apôtres dans des niches. Le clocher, ajouré ou massif, servait de repère dans le paysage et de signe de prospérité pour la paroisse. Autour, l'enclos réunit le placitre, le calvaire et parfois un ossuaire, rappel d'une époque où l'on déplaçait les ossements pour faire place aux nouvelles sépultures.
À l'intérieur : statues, retables et figures de la mort
Les intérieurs trégorrois conservent une statuaire populaire très riche : saints guérisseurs invoqués contre telle ou telle maladie, Vierges de pitié, retables sculptés et peints. Certaines églises gardent aussi des représentations de l'Ankou, figure de la mort dans la tradition bretonne, comme l'église Saint-Milliau de Ploumilliau. Les voûtes lambrissées, les sablières sculptées et les vitraux complètent ces ensembles, souvent mieux préservés dans les petites paroisses que dans les villes.
Les pardons, une tradition vivante
Le pardon est une fête religieuse propre à la Bretagne, organisée chaque année en l'honneur du saint patron de l'église ou de la chapelle. Il réunit une procession avec bannières et croix, une messe et souvent une fête profane qui se prolonge dans le bourg. Celui de saint Yves à Tréguier est le plus connu du Trégor, mais de nombreuses chapelles de campagne ont le leur, plus modeste et très attachant. Les dates se consultent auprès des paroisses ou des offices de tourisme, car elles varient d'une année à l'autre.
Visiter les églises du Trégor
- Beaucoup d'églises restent ouvertes en journée ; pour les chapelles isolées, la clé est souvent confiée à un voisin ou à la mairie.
- L'été, des associations locales assurent des ouvertures et des visites commentées.
- Pendant les offices et les enterrements, la visite attend la fin de la cérémonie.
- Une paire de jumelles aide à détailler les sablières et les vitraux hauts.
À Lannion, l'église de Brélévenez et son long escalier offre l'une des plus belles vues sur la ville. L'ensemble de ces édifices s'inscrit dans un patrimoine plus large, présenté dans la rubrique sur le patrimoine bâti du Trégor, des châteaux aux ports.
Abbayes et collegiales completent la rubrique, dont l'abbaye de Beauport a Paimpol, fondee en 1202 et aujourd'hui propriete du Conservatoire du littoral. Voir aussi les chapelles.
























