La chapelle Sainte-Geneviève est une chapelle de campagne du Trégor, à Saint-Michel-en-Grève, appelée Gwennojen en breton. Cette chapelle dédiée à sainte Geneviève, reconstruite en 1767 sur le site d'une chapelle plus ancienne, garde une baie du 15e siècle, une croix de 1737 et un pardon populaire.
Repères sur la chapelle
- Commune : Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d'Armor), lieu-dit Sainte-Geneviève, dans le Trégor.
- Dates : reconstruction en 1767, chapelle de secours en 1804, ruine signalée en 1897, restauration au 20e siècle.
- À voir : le remplage du 15e siècle au chevet, le clocheton et son escalier de dalles, la croix de granite de 1737.
Où se situe la chapelle Sainte-Geneviève ?
La chapelle Sainte-Geneviève se trouve sur la commune de Saint-Michel-en-Grève, dans le lieu-dit qui porte son nom, au fond de la Lieue de Grève, entre Lannion et Plestin-les-Grèves. L'Inventaire général du patrimoine culturel de Bretagne la range dans l'aire d'étude des communes littorales du canton de Plestin-les-Grèves (dossier IA22003087, inventaire préliminaire du Conseil départemental des Côtes-d'Armor).
Ce coin du Trégor se découvre facilement à pied depuis la côte. La grève de Saint-Michel est dominée par le promontoire du Grand Rocher à Plestin-les-Grèves, et la baie se termine vers l'ouest par la plage de Saint-Efflam. Pour trouver la chapelle, l'application de navigation du téléphone suffit en saisissant « Sainte-Geneviève, Saint-Michel-en-Grève » : le hameau est situé dans l'arrière-pays, à l'écart de la route littorale.
Attention aux homonymes : il existe dans le Trégor une autre chapelle dédiée à la même sainte, présentée sur notre fiche de la chapelle Sainte-Geneviève de Guénézan. Les deux chapelles sont distinctes et ne se visitent pas dans la même sortie. Une carte de randonnée IGN du secteur de Lannion permet de repérer la chapelle Sainte-Geneviève avant de partir.
Quelle est l'histoire de la chapelle Sainte-Geneviève ?
D'après l'historien René Couffon, cité par l'Inventaire, la chapelle Sainte-Geneviève relevait avant la Révolution de la seigneurie de Kerhuel. La chapelle actuelle a été reconstruite en 1767 à l'emplacement d'une chapelle antérieure, dont il conserve un vestige visible : le remplage de la baie orientale, attribué au 15e siècle.
Sous le Consulat, la chapelle est érigée en chapelle de secours le 25 nivôse an XII, soit en janvier 1804 : elle permettait de célébrer des offices sans rejoindre l'église paroissiale de Saint-Michel, le prêtre venant alors dire la messe sur place. Le 19e siècle lui est moins favorable. En 1897, elle est signalée en ruine, puis elle est restaurée au cours du 20e siècle. Son état de conservation est aujourd'hui noté « restauré » par l'Inventaire.
La croix monumentale plantée au sud-ouest est plus ancienne que la chapelle actuelle : elle porte la date de 1737, trente ans avant la reconstruction. Ce décalage est fréquent en Bretagne, où la croix d'un site sacré survit souvent à plusieurs états successifs de la chapelle voisine.
Quelles sont les caractéristiques architecturales ?
La chapelle suit un plan rectangulaire à vaisseau unique et chevet plat, typique des petites chapelles rurales du Trégor. Ses murs mêlent granite et schiste, en moellons et en pierre de taille, sous un toit d'ardoise à longs pans et pignons découverts.
Le pignon ouest et son clocheton
Le pignon occidental s'ouvre par une porte en plein cintre moulurée, surmontée d'une niche destinée à la statue d'un saint. Il est couronné d'un clocheton de section carrée. Détail rare : on y accède par un escalier formé de huit dalles de schiste posées à la base du rampant sud, une solution rustique que l'on retrouve sur quelques chapelles bretonnes.
Les baies, les écus et la croix
- Les murs nord et sud sont percés chacun d'une baie en plein cintre ; au sud, une ancienne porte en arc brisé chanfreinée est aujourd'hui murée.
- Le chevet est éclairé par une baie axiale en arc brisé qui a gardé son remplage du 15e siècle.
- Au nord, deux écus portent des initiales difficiles à lire, l'un sculpté d'un calice en bas-relief, près d'une pierre gravée dont l'inscription est illisible.
- La croix de granite repose sur un emmarchement à deux degrés et un socle cubique ; son haut fût octogonal porte un Christ en croix et une Vierge à l'Enfant, mutilée.
Quel est le rôle de sainte Geneviève ?
Sainte Geneviève, née à Nanterre vers 420 et morte à Paris vers 502, est la sainte patronne de la ville de Paris. La tradition rapporte que saint Germain d'Auxerre l'a remarquée enfant et l'a consacrée à Dieu. Elle est surtout invoquée pour avoir encouragé les Parisiens à ne pas fuir devant les Huns d'Attila en 451. Sa fête est fixée au 3 janvier.
À Paris, son culte a marqué la montagne Sainte-Geneviève, dans le 5e arrondissement de Paris : le Panthéon fut d'abord construit comme église Sainte-Geneviève, et ce qui reste de ses reliques est honoré à l'église Saint-Étienne-du-Mont. En Bretagne, la sainte est vénérée plus discrètement, dans quelques chapelles de campagne comme celle de Saint-Michel-en-Grève. Selon l'Inventaire, un pardon s'y tient chaque année à la Sainte-Geneviève.
Comment visiter la chapelle Sainte-Geneviève ?
La chapelle n'a pas d'horaires d'ouverture publiés. La croix et les extérieurs se voient librement depuis le hameau ; pour l'intérieur, le plus sûr est de viser le jour du pardon ou de se renseigner auprès de la mairie de Saint-Michel-en-Grève ou de l'office de tourisme de Lannion-Trégor. Les Journées européennes du patrimoine, le troisième week-end de septembre, sont aussi une bonne occasion de demander si une ouverture est prévue.
La visite se combine sans peine avec une marche sur la Lieue de Grève, la plage de Saint-Efflam ou la croix de Mi-Lieue plantée sur la grève. Prévoir de bonnes chaussures : les abords d'une chapelle rurale restent des chemins de campagne, humides une bonne partie de l'année. Respecter le lieu, qui reste consacré, et refermer les barrières rencontrées en route.
Ne pas confondre avec la chapelle Sainte-Geneviève de l'Orne
Beaucoup de recherches sur la chapelle Sainte-Geneviève concernent un autre site, en Normandie : celle de Bagnoles-de-l'Orne, station thermale proche de Domfront et de Juvigny-Val-d'Andaine, souvent visitée avec la tour de Bonvouloir. D'autres chapelles portent le même vocable ailleurs en France, en Côte-d'Or ou dans la Meuse par exemple. Celle présentée ici est bien la chapelle bretonne de Saint-Michel-en-Grève, à plus de 250 km de Bagnoles.
Date, nom breton et protection de la chapelle Sainte-Geneviève
- Quand la chapelle Sainte-Geneviève a-t-elle été construite ?
- L'édifice actuel date de 1767, sur le site d'une chapelle plus ancienne dont subsiste la baie du chevet, du 15e siècle.
- Comment s'appelle la chapelle en breton ?
- Elle porte le nom de Gwennojen, forme bretonne de Geneviève.
- La chapelle est-elle protégée au titre des monuments historiques ?
- Elle figure à l'Inventaire général du patrimoine comme œuvre recensée, ce qui n'équivaut pas à une protection au titre des monuments historiques.

















