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La chapelle Sainte-Barbe, un sanctuaire gothique accroché à la roche

La chapelle Sainte-Barbe, un sanctuaire gothique accroché à la roche

La chapelle Sainte-Barbe du Faouët est un sanctuaire gothique bâti à partir de 1489 par Jean de Toulbodou dans une paroi rocheuse de la vallée de l'Ellé, dans le Morbihan. Le site, classé en 1906, réunit la chapelle, l'oratoire Saint-Michel, une cloche et un chemin de pèlerins ; son pardon a lieu le dernier dimanche de juin.

Une chapelle au-dessus de l'Ellé, pardon en fin juin

  • Site : chapelle Sainte-Barbe, à 1,5 km au nord-est du bourg et de l'église du Faouët (Morbihan), au bout d'un chemin qui domine l'Ellé.
  • Construction principale entre 1489 et 1512, escalier monumental ajouté en 1700.
  • Autour de la chapelle : oratoire Saint-Michel, cloche des pèlerins, fontaine Sainte-Barbe.
  • Pardon le dernier dimanche de juin et fête de sainte Barbe le 4 décembre.

Où se trouve la chapelle Sainte-Barbe ?

La chapelle Sainte-Barbe se trouve sur la commune du Faouët, dans le pays du Roi Morvan, au nord-ouest du Morbihan. D'après la notice de Wikipédia, elle est construite à un kilomètre et demi au nord-est du bourg, sur le versant ouest de la vallée de l'Ellé. La rivière coule en contrebas : la commune du Faouët évoque un dénivelé d'environ 80 mètres entre le plateau et le fond de vallée, une situation qui fait tout le caractère du site.

Le lieu n'appartient donc pas au Trégor, qui couvre le nord-ouest des Côtes-d'Armor. Les visiteurs installés du côté de Lannion, de Tréguier ou de Guingamp la gardent pourtant souvent dans leurs itinéraires de Bretagne intérieure : depuis Guingamp, il faut compter environ 75 km de route vers le sud. Le détour se combine bien avec d'autres monuments bretons hors du Trégor, comme le viaduc de Morlaix et ses deux étages, sur la route du Finistère.

Plusieurs chapelles portent le nom de sainte Barbe en Bretagne, dont une à Roscoff, face au port. Quand on parle de la chapelle Sainte-Barbe sans autre précision, c'est pourtant presque toujours celle du Faouët qui est désignée : c'est la plus connue, et c'est elle que décrit cette page.

Quelle est l'histoire de la chapelle Sainte-Barbe ?

Le récit fondateur tient en un vœu. Selon la tradition rapportée par la commune, Jean de Toulbodou, seigneur du lieu, chassait dans la vallée quand un violent orage a éclaté. Des rochers se sont détachés de la paroi et il a échappé de peu à l'éboulement. Il aurait alors promis d'élever une chapelle à sainte Barbe, que l'on invoque contre la foudre et la mort soudaine. Le chantier commence en juillet 1489 ; Wikipédia retient la date du 6 juillet 1489.

Le gros œuvre de la chapelle s'étale ensuite jusqu'en 1512. Le site n'est pas figé à cette date : il s'est enrichi du XVe au XVIIIe siècle. L'escalier monumental est bâti en 1700 par Sébastien Le Meur, la fontaine Sainte-Barbe date de 1708, et l'oratoire Saint-Michel est aménagé à la même époque, vers 1700-1708. La chapelle a connu des restaurations en 1869 puis entre 1913 et 1916.

La protection a suivi la notoriété du site. La chapelle Sainte-Barbe est classée monument historique le 16 octobre 1906, la maison du gardien est inscrite le 25 septembre 1928, et l'ensemble du site paysager est classé en 1939, avec un périmètre de protection fixé en 1965. Sur le plateau se dressent aussi une croix de mission de 1860 et le tombeau de Claude René Bellanger.

Pourquoi sainte Barbe ?

Sainte Barbe est la patronne de ceux qui travaillent avec le feu et la poudre, et la protectrice contre la foudre. Dédier la chapelle à cette sainte, sur une falaise où un orage avait failli tuer son fondateur, relevait de la logique du vœu. Le culte de sainte Barbe est ancien en Bretagne, et l'église comme les chapelles de campagne lui consacrent souvent une statue ou un autel.

Une architecture gothique flamboyant taillée pour la pente

La chapelle de style gothique flamboyant est construite en granit, calée contre la paroi rocheuse. Faute de place sur la corniche, le plan de l'édifice suit la roche : l'ensemble s'étire dans la longueur du rebord au lieu de s'organiser autour d'un parvis. C'est ce qui donne à la chapelle Sainte-Barbe sa silhouette si particulière, que l'on découvre en surplomb depuis le chemin qui descend du plateau.

À l'intérieur, quatre vitraux du XVIe siècle racontent la vie de sainte Barbe et des scènes religieuses. Ils comptent parmi les éléments les plus précieux du site et justifient à eux seuls une visite quand la chapelle est ouverte.

Comme dans une petite église de campagne, on retrouve sous la voûte une statue de sainte Barbe, que les fidèles fleurissent lors du pardon. La pierre de granit domine partout : dans les murs, les marches, la dalle du sol et les appuis des baies. La salle unique de la chapelle reste modeste, et c'est le cadre de pierre et de terre qui l'entoure qui impressionne le plus.

L'escalier monumental

L'escalier monumental de 1700 relie le plateau à la chapelle. Il est souvent décrit comme de style Renaissance, avec une balustrade aux détails Louis XIII, et il contraste avec le gothique de l'édifice qu'il dessert. Sa largeur et sa rampe sculptée en font le point de vue le plus photographié du site : la vallée de l'Ellé s'ouvre derrière la chapelle.

L'oratoire Saint-Michel et sa passerelle

Sur un éperon rocheux voisin, l'oratoire Saint-Michel est relié au reste du site par une passerelle en arc. Saint Michel, chef des milices célestes, est souvent honoré sur les hauteurs : on le retrouve ici sur l'éperon le plus exposé du site, face à la vallée.

La cloche des pèlerins et la fontaine Sainte-Barbe

Le clocher est séparé de la chapelle. Il abrite la cloche des pèlerins, fondue à Nantes en 1808, qui pèse 440 kg et a été restaurée en 2009. La tradition veut que chaque visiteur la fasse tinter : c'est l'un des gestes que l'on retient de la visite, et le son porte loin dans la vallée.

En contrebas, la fontaine Sainte-Barbe, construite en 1708, complète le parcours de dévotion. Comme beaucoup de fontaines bretonnes associées à un saint, elle marque une étape pour les pèlerins, qui y font halte avant ou après la chapelle.

Élément du siteDateÀ retenir
Chapelle Sainte-Barbe1489-1512gothique flamboyant, quatre vitraux du XVIe siècle
Escalier monumental1700œuvre de Sébastien Le Meur
Fontaine Sainte-Barbe1708en contrebas, étape des pèlerins
Cloche des pèlerins1808fondue à Nantes, 440 kg, restaurée en 2009
Croix de mission1860sur le plateau

Comment accéder à la chapelle Sainte-Barbe ?

On rejoint le site depuis le bourg du Faouët en suivant la direction de la chapelle Sainte-Barbe, à 1,5 km au nord-est. Le parking se trouve sur le plateau ; il reste ensuite à descendre à pied vers la chapelle par l'escalier et les chemins aménagés. La pente est réelle : de bonnes chaussures sont utiles, et l'accès des personnes à mobilité réduite au fond du site reste difficile.

Plusieurs chemins de randonnée balisés passent par la vallée de l'Ellé et permettent d'arriver à pied depuis Le Faouët. La commune signale aussi un audioguide gratuit dans l'application WiVisites pour découvrir le site en autonomie. Les horaires d'ouverture de l'intérieur de la chapelle sont saisonniers : ils sont publiés sur le site de la mairie du Faouët, qu'il vaut mieux consulter avant de partir.

Informations pratiques pour préparer la visite

Pour la localisation, il suffit de suivre depuis la rue principale du bourg les panneaux de la chapelle, puis la route du plateau. La carte des sentiers de randonnée de la vallée de l'Ellé s'obtient auprès de l'office de tourisme du pays du Roi Morvan, où l'on trouve aussi les dates des visites de l'été. À proximité du parking, les sentiers descendent entre les bois et les champs vers la chapelle puis la fontaine. Prévoir de l'eau, et suivre le balisage plutôt que de couper à travers la pente. Un groupe peut demander à l'office de tourisme si une visite commentée est possible, et à quelles conditions.

Quand visiter la chapelle Sainte-Barbe ?

Le site extérieur se découvre toute l'année, mais la visite de l'intérieur dépend des périodes d'ouverture, plus larges en saison. Deux dates donnent une autre dimension à la visite : le pardon de Sainte-Barbe, le dernier dimanche de juin, et la fête de la sainte le 4 décembre. Le jour du pardon, la messe et la procession réunissent les fidèles dans un décor qui n'a guère changé depuis des siècles. Cet événement de la culture populaire bretonne fait partie du patrimoine vivant du Faouët, au même niveau que le site lui-même.

Hors pardon, la fin de journée est le moment le plus calme : la lumière rasante éclaire le granit, et la vallée est souvent déserte. Par temps de pluie, les marches et les chemins deviennent glissants, ce qui compte sur un site aussi pentu.

Que faire autour de la chapelle ?

Le Faouët possède d'autres richesses : ses halles du XVIe siècle au centre du bourg, le musée du Faouët consacré aux peintres de Bretagne, et la chapelle Saint-Fiacre, célèbre pour son jubé sculpté. Ces sites se visitent dans la même journée que la chapelle Sainte-Barbe.

  • randonner dans la vallée de l'Ellé, sur les chemins qui partent du site ;
  • faire tinter la cloche des pèlerins, puis descendre à la fontaine ;
  • poursuivre vers les halles et la chapelle Saint-Fiacre du Faouët.

Pour qui rentre vers le nord, la route croise d'autres témoins de l'architecture médiévale bretonne, comme la forteresse en ruine du château de Tonquédec, dans la vallée du Léguer.

Pourquoi la chapelle est-elle célèbre ?

Trois raisons reviennent dans les avis des visiteurs. La première tient au site : peu de chapelles bretonnes sont accrochées à une falaise, au-dessus d'une rivière, avec une vue aussi dégagée. La deuxième tient à l'ensemble : chapelle, escalier monumental, oratoire, passerelle, clocher et fontaine forment un parcours complet, et non un édifice isolé. La troisième tient au récit du vœu de Jean de Toulbodou, que l'on comprend mieux une fois sur place, face à la paroi.

Les avis publiés sur les plateformes de voyage soulignent le plus souvent la beauté du lieu et préviennent des marches à descendre puis à remonter. La chapelle compte parmi les étapes touristiques les plus citées du Faouët, avec les halles et la chapelle Saint-Fiacre.

Fondateur, situation et pardon de Sainte-Barbe du Faouët

Qui a fait construire la chapelle Sainte-Barbe ?
Jean de Toulbodou, seigneur du lieu, qui aurait survécu à un éboulement pendant un orage et fait le vœu d'élever une chapelle à sainte Barbe. Le chantier débute en juillet 1489.
La chapelle Sainte-Barbe est-elle dans le Trégor ?
Non, elle se trouve au Faouët, dans le Morbihan, à environ 75 km de route au sud de Guingamp.
Quand a lieu le pardon de Sainte-Barbe ?
Le pardon a lieu le dernier dimanche de juin ; la fête de sainte Barbe est célébrée le 4 décembre.

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