La basilique de Guingamp, Notre-Dame-de-Bon-Secours, est le principal édifice religieux de la ville et un monument majeur du patrimoine religieux de Bretagne. Élevée au rang de basilique mineure en 1899, elle mêle roman, gothique et style Renaissance, et abrite la Vierge noire vénérée lors du pardon de juillet.
Vierge noire et pardon aux flambeaux au cœur de Guingamp
- Basilique Notre-Dame-de-Bon-Secours, au centre de Guingamp, entre la place du Centre et la rue Notre-Dame.
- Un monument bâti sur plusieurs siècles : croisée romane, nef gothique, partie sud reconstruite dans le style Renaissance.
- La statue de la Vierge noire, dans la chapelle de la Vierge ouverte sur la rue, attire les pèlerins toute l'année.
- Le pardon de Notre-Dame de Bon-Secours a lieu début juillet, avec une procession aux flambeaux.
Qu'est-ce qu'une basilique, et pourquoi Guingamp en a une ?
Une basilique est, dans l'Église catholique, un édifice religieux auquel le pape accorde un titre honorifique en raison de son rayonnement spirituel, de son ancienneté ou d'un pèlerinage important. Le titre de basilique ne tient donc pas d'abord à des caractéristiques architecturales : il désigne un statut religieux. On distingue les basiliques majeures, toutes à Rome (comme la basilique Saint-Pierre ou Saint-Paul-hors-les-Murs), et les basiliques mineures, présentes partout dans le monde.
La basilique de Guingamp a reçu ce rang de basilique mineure à la fin du XIXe siècle, en reconnaissance du pèlerinage séculaire à Notre-Dame de Bon-Secours. En France, on compte plusieurs dizaines de basiliques mineures, de la basilique Saint-Denis, nécropole des rois de France, à la basilique Sainte-Anne-d'Auray, autre grand sanctuaire marial breton. Guingamp s'inscrit dans cette famille des lieux de pèlerinage où la dévotion populaire a précédé la reconnaissance officielle. Les églises paroissiales du pays, comme l'église Saint-Briac et son décor, montrent à l'inverse un patrimoine religieux plus modeste, sans titre particulier.
Ce titre, accordé depuis Rome, n'est pas qu'un symbole : il confère à l'église quelques privilèges liturgiques, comme l'usage du pavillon et de la clochette, deux insignes que l'on retrouve par exemple dans le chœur des basiliques. Le rapport avec Rome reste d'ailleurs le symbole même du statut : chaque basilique mineure est rattachée par un lien particulier à la basilique Saint-Pierre de Rome et au pape, évêque de Rome.
Quelle est la différence entre basilique et cathédrale ?
Une cathédrale est l'église où siège l'évêque d'un diocèse : c'est une fonction, liée à la cathèdre, le siège épiscopal. Une basilique est un titre d'honneur. Une même église peut être les deux, mais ce n'est pas le cas ici : la cathédrale du diocèse est la cathédrale Saint-Étienne de Saint-Brieuc, tandis que la basilique de Guingamp reste une église paroissiale élevée au rang de basilique. La différence n'est donc ni une question de taille ni de style, mais de statut religieux. L'évêque célèbre toutefois régulièrement à Guingamp, notamment lors du pardon.
L'histoire de la basilique Notre-Dame-de-Bon-Secours
L'histoire de la basilique suit celle de la ville de Guingamp, capitale du comté puis du duché de Penthièvre. Une chapelle castrale existait près du château au Moyen Âge ; l'église actuelle a pris forme à partir du XIIe siècle, avec une croisée du transept de style roman dont subsistent des éléments. Aux XIIIe et XIVe siècles, la construction se poursuit dans le style gothique, qui domine encore la nef et le chœur. L'origine de l'édifice est donc double : un lieu de culte seigneurial, puis une grande église de ville dont les travaux se sont étalés sur plusieurs règnes ducaux, chaque génération ajoutant sa part à l'architecture. Sur la butte qui domine la ville, la chapelle Saint-Léonard conserve elle aussi un transept roman qui porte son clocher.
La période de la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364) marque la ville : Guingamp appartenait au parti de Charles de Blois et de Jeanne de Penthièvre, opposé à Jean de Montfort, soutenu par le roi d'Angleterre. Les fortifications, dont il reste la porte au duc et des pans de remparts, datent en partie de cette époque troublée, comme bien des forteresses du Trégor, dont le château de Tonquédec et ses tours ruinées.
L'effondrement de la tour sud et la reconstruction Renaissance
Au XVIe siècle, la tour sud s'effondre et entraîne une partie de la nef. La reconstruction, confiée à l'architecte Jean Le Moal, adopte le style Renaissance alors à la mode : c'est ce qui donne à la basilique son aspect composite, avec un côté nord gothique et un côté sud aux colonnes et décors inspirés de l'Antiquité. Ce mélange est l'intérêt principal du monument pour l'histoire de l'art en Bretagne. L'édifice est classé monument historique depuis le XIXe siècle, parmi les premières églises de France protégées à ce titre. Les derniers grands travaux de restauration ont porté sur les maçonneries, la sculpture des portails et les vitraux.
La Vierge noire de Guingamp
La Vierge noire est une statue de la Vierge Marie tenant l'Enfant, en bois polychrome, dont le visage sombre lui a donné son nom. Elle se trouve dans la chapelle de la Vierge, un porche ouvert sur la rue Notre-Dame, ce qui permet aux passants de s'y recueillir même lorsque l'église est fermée. Cette disposition, rare, explique la place de la statue dans la vie quotidienne de la ville de Guingamp : on y allume des cierges à toute heure.
La dévotion à Notre-Dame de Bon-Secours est ancienne. La statue de la Vierge a fait l'objet d'un couronnement solennel au XIXe siècle, geste que l'Église réserve aux images mariales les plus vénérées. Les Vierges noires, fréquentes en France (Rocamadour, Le Puy-en-Velay, Chartres), doivent leur couleur tantôt au matériau, tantôt au temps et à la fumée des cierges ; à Guingamp, la tradition locale s'intéresse moins à cette question qu'au secours attendu de la Vierge.
Le pardon de Notre-Dame de Bon-Secours et les autres événements
Le pardon de Notre-Dame de Bon-Secours est l'événement majeur de l'année à la basilique. Il se tient au début de juillet, autour du premier dimanche de juillet, et culmine le samedi soir avec une procession aux flambeaux dans les rues du centre, suivie de feux de joie allumés sur la place du Centre. Le pardon est l'un des grands pardons de Bretagne, avec ceux de Sainte-Anne-d'Auray et du Folgoët.
En dehors du pardon, la basilique accueille la messe paroissiale, des célébrations des grandes fêtes et, régulièrement, des concerts d'orgue ou de musique sacrée qui profitent de l'acoustique de la nef. Chaque cérémonie importante, baptême, mariage ou messe de funérailles, suspend également l'accès des visiteurs. Le calendrier des offices est publié par la paroisse et par le diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier ; mieux vaut le consulter avant de venir, car la visite libre s'interrompt pendant les offices.
Les éléments architecturaux à ne pas manquer
La basilique se lit en faisant le tour de l'édifice avant d'entrer. Chaque façade raconte une époque différente, et le contraste entre le nord et le sud est ce qui la rend singulière parmi les églises du Trégor et du Goëlo.
| Élément | Style | Ce qu'on y voit |
|---|---|---|
| Portail ouest | Gothique | Voussures sculptées et entrée principale encadrée de deux tours |
| Côté sud | Style Renaissance | Colonnes, niches et décor à l'antique de la reconstruction du XVIe siècle |
| Nord de la basilique | Gothique | Chapelle de la Vierge et sa statue, ouverte sur la rue |
| Tour de l'horloge | Médiévale, flèche plus tardive | Le repère visible depuis toute la ville |
| Intérieur | Roman et gothique | Croisée du transept, vitraux, chœur et chapelles latérales |
À l'intérieur, les vitraux, pour beaucoup du XIXe et du XXe siècle, diffusent une lumière colorée sur les piliers. Plusieurs chapelles sont dédiées à des saints familiers de la Bretagne : on y croise saint Jacques, saint Martin, sainte Anne ou sainte Jeanne, selon les autels et les statues. Devant le portail ouest, prenez le temps d'observer la sculpture des voussures : c'est au portail que se lit le mieux le travail des ateliers médiévaux.
Comment visiter la basilique de Guingamp ?
Pour visiter la basilique Notre-Dame-de-Bon-Secours, il suffit de se rendre dans le centre de Guingamp : l'édifice donne sur la rue Notre-Dame, à quelques pas de la place du Centre et de sa fontaine de la Plomée. L'entrée est libre en dehors des offices. Pour l'adresse, retenez simplement la rue Notre-Dame : c'est celle que donnent la paroisse et l'office de tourisme, la seule information pratique à noter avant de partir. Comptez 30 à 45 minutes pour faire le tour extérieur, puis parcourir la nef et la chapelle de la Vierge sans vous presser.
- Accès : la gare de Guingamp est desservie par le TGV sur la ligne Paris-Brest ; la basilique est à une dizaine de minutes à pied.
- Stationnement : parkings en périphérie du centre historique, le cœur de ville étant en partie piéton.
- Visites guidées : l'office de tourisme de Guingamp-Baie de Paimpol propose en saison des visites du patrimoine de Guingamp ; vérifier les dates auprès de lui.
- Tenue et discrétion : l'église reste un lieu de culte, les visites s'arrêtent pendant la messe.
La basilique se combine facilement avec d'autres sites des environs : Tonquédec se trouve à une demi-heure de route vers Lannion, et le manoir de Kerandraou complète une journée consacrée aux demeures anciennes du Trégor.
Le patrimoine de Guingamp autour de la basilique
La basilique n'est qu'une partie du patrimoine de Guingamp. La place du Centre, bordée de maisons à pans de bois et d'hôtels particuliers, conserve la fontaine de la Plomée, Renaissance elle aussi. L'hôtel de ville occupe l'ancien monastère des Augustines, dont la chapelle baroque se visite. Plus loin, les vestiges du château de Pierre II et la porte de Rennes rappellent le passé militaire de la ville.
Guingamp se trouve à la jonction du Trégor et du Goëlo, entre Saint-Brieuc et Morlaix : c'est un bon point de départ pour rejoindre la côte. Pour prolonger le séjour, le Radôme de Pleumeur-Bodou offre un contraste complet avec l'architecture religieuse, dans un registre scientifique.
Questions fréquentes sur la basilique
- La basilique de Guingamp est-elle une cathédrale ?
- Elle ne l'est pas : c'est une église paroissiale élevée au rang de basilique mineure. La cathédrale du diocèse est à Saint-Brieuc.
- Où voir la Vierge noire ?
- Dans la chapelle de la Vierge, un porche ouvert sur la rue Notre-Dame, accessible même quand la nef est fermée.
- Quand a lieu le pardon de Guingamp ?
- Au début de juillet, autour du premier dimanche du mois, avec la procession aux flambeaux le samedi soir.
- Pourquoi la basilique mêle-t-elle plusieurs styles ?
- Parce qu'elle a été construite du XIIe au XVIe siècle et qu'après l'effondrement de la tour sud, la partie sud a été rebâtie dans le style Renaissance, alors que le nord restait gothique.
Les horaires des offices et des concerts changent selon la saison ; la paroisse peut les modifier d'une semaine à l'autre, d'où l'intérêt de vérifier avant le déplacement.

















