Les fontaines sacrées de Landebaëron rappellent l’antique culte des eaux, resté vivace en Bretagne bien après la christianisation. Abritées sous un édicule de granit et placées sous la protection d’un saint, ces sources étaient réputées guérir ou protéger, et se découvrent aujourd’hui au fil des chemins creux du Trégor.
Fontaines sacrées de Landebaëron : à Landebaeron est une fontaine sacrée bretonne, vestige de l’antique culte des eaux qui a perduré en Bretagne bien après la christianisation. Ces sources, bassins et lavoirs sacrés des Côtes-d’Armor étaient réputés pour leurs vertus guérisseuses et protectrices. La fontaine est souvent abritée sous un édicule de granite orné d’une statue de saint patron, et des ex-voto témoignent de la persistance de la dévotion populaire au fil du temps.
Histoire et légendes de la fontaine
Cette fontaine s’inscrit dans une tradition qui remonte à l’Antiquité celtique et a été christianisée par les premiers évangélisateurs du Trégor. Les pèlerins venaient autrefois laver leurs yeux malades, tremper un linge dans l’eau bénite ou tourner autour de la fontaine selon des rites précis. Certaines fontaines possèdent encore leurs vertus légendaires dans la mémoire collective des habitants du Trégor breton.
Chaque fontaine avait sa spécialité, liée à son saint : l’un soulageait les maux d’yeux, un autre les rhumatismes, un troisième protégeait le bétail ou favorisait les mariages. Les jeunes filles y jetaient parfois une épingle pour connaître leur avenir, et l’on observait la façon dont elle tombait. Ces pratiques, tolérées puis encadrées par l’Église, montrent comment les croyances anciennes se sont fondues dans le culte des saints bretons.
Des sources au cœur de la vie du village
Avant l’arrivée de l’eau courante, la fontaine et le lavoir voisin étaient aussi des lieux très concrets : on y puisait l’eau, on y lavait le linge, on y échangeait les nouvelles. Cette double fonction, utilitaire et sacrée, explique l’attachement des habitants à ces petits monuments, que l’on fleurit encore parfois le jour du pardon. Leur entretien régulier, débroussaillage et curage du bassin, conditionne leur conservation.
Reconnaître une fontaine de dévotion
- Un petit édicule de pierre, souvent coiffé d’un fronton ou d’une niche abritant une statue.
- Un bassin où l’eau se recueille, parfois suivi d’un lavoir plus bas.
- La proximité d’une chapelle, d’un calvaire ou d’un chemin de pardon.
- Un nom breton construit sur feunteun, la fontaine, suivi du nom du saint.
Visiter la fontaine et le patrimoine local
Les fontaines sacrées de Landebaëron se visitent facilement lors d’une promenade dans les chemins creux du Trégor. La fontaine est souvent accompagnée d’une chapelle voisine et de lavoirs en granite, formant un ensemble patrimonial cohérent. La végétation qui entoure ces sources sacrées est souvent remarquable, avec des frênes, des saules et des fougères qui créent une atmosphère recueillie. Les Côtes-d’Armor comptent des dizaines de fontaines sacrées à découvrir au fil des randonnées.
L’eau de ces fontaines n’est pas contrôlée : on évite de la boire, malgré les traditions. Beaucoup d’édicules ont été restaurés par les communes ou par des associations de sauvegarde du patrimoine, qui organisent parfois des journées de découverte. Pour comparer, la fontaine Saint-Kirio, au bord de la plage, offre un exemple littoral, et les fontaines de Clérin à Saint-Clet un autre ensemble rural. La page consacrée aux fontaines du Trégor en présente d’autres.















