La croix des Veuves, à Ploubazlanec, se dresse sur un promontoire tourné vers la baie de Paimpol. C'est là, selon la tradition, que les femmes des marins partis pêcher la morue au large de l'Islande guettaient le retour des goélettes, sans savoir si leur mari reviendrait.
croix des veuves a ploubazlanec à Ploubazlanec est un élément caractéristique du paysage breton, cette région où la foi catholique et les traditions celtiques se sont mêlées pour créer un art sacré unique. Les calvaires, croix, statues et oratoires du Trégor sont sculptés dans le granite des Côtes-d’Armor, souvent avec une expressivité populaire saisissante. Cet ensemble en pierre témoigne d’une dévotion profonde, transmise de génération en génération dans les bourgs et les campagnes bretonnes.
La pêche à Islande et l'attente des femmes
Pendant des générations, les marins de Ploubazlanec, de Paimpol et des communes voisines partaient au printemps sur des goélettes pour pêcher la morue dans les eaux froides de l'Islande, et ne rentraient qu'à la fin de l'été. La campagne était dure et dangereuse : tempêtes, brouillard et glaces ont englouti de nombreux navires et leurs équipages. À la fin de la saison, les femmes montaient sur les hauteurs pour scruter l'horizon. La croix qui porte leur nom rappelle cette attente, et la douleur de celles qui ne voyaient rien revenir.
Histoire et symbolique du calvaire
Ce calvaire, qui remonte en général aux XVe-XVIIe siècles, période de floraison de l’art breton. Les scènes sculptées représentent des épisodes de la Passion du Christ ou des saints bretons vénérés localement. Les pardons annuels qui se déroulent parfois autour de ces monuments attirent encore des fidèles et des curieux, perpétuant des rituels dont certains remontent au Moyen Âge.
Pierre Loti et le Pêcheur d'Islande
L'écrivain Pierre Loti a fait connaître ce monde dans son roman Pêcheur d'Islande, qui raconte l'amour de Gaud et de Yann, un pêcheur de la région, et les départs vers le grand Nord. Le livre a donné une renommée nationale à la côte de Ploubazlanec et à ses familles de marins. Dans le cimetière de la commune, le mur des disparus porte les noms de marins perdus en mer, un lieu de mémoire émouvant à associer à la visite de la croix.
Découvrir le patrimoine religieux du Trégor
La découverte de croix des veuves a ploubazlanec s’inscrit dans un itinéraire plus large du patrimoine religieux du Trégor. Les Côtes-d’Armor conservent des dizaines de calvaires monumentaux et de croix de chemin, formant un réseau unique en Europe. Des guides locaux et des associations patrimoniales proposent des circuits thématiques pour mieux comprendre ces sculptures de pierre. Une belle manière d’explorer la Bretagne intérieure loin des sites touristiques les plus fréquentés.
Depuis la croix, la vue embrasse l'archipel de Bréhat et l'entrée de la baie. À proximité, la chapelle de la Trinité de Ploubazlanec et la tour de Kerroc'h et son point de vue complètent une promenade sur ce littoral où chaque pierre parle de la mer. Le sentier côtier permet de relier ces sites à pied, avec de belles vues à marée haute comme à marée basse.















