Le colombier de Bégard est un monument historique du Trégor, dans une commune connue pour son ancienne abbaye cistercienne. Ce type d’édifice, une tour abritant des centaines de nids de pigeons, était sous l’Ancien Régime le signe d’un privilège seigneurial.
Le colombier de Bégard à Begard est un monument historique du Trégor, témoin de l’histoire architecturale et culturelle des Côtes-d’Armor. Qu’il s’agisse d’un ancien édifice religieux, d’une tour médiévale, d’un lavoir ou d’une demeure ancienne, ce lieu raconte plusieurs siècles de vie bretonne. Le patrimoine bâti du Trégor est l’un des plus riches de Bretagne, avec des monuments classés ou inscrits aux Monuments historiques dans chaque commune.
Histoire et architecture du monument
Ce monument a été construit ou aménagé au fil des siècles selon les besoins et les modes architecturales de chaque époque. Les matériaux locaux, notamment le granite et le schiste bretons, confèrent à ces édifices leur couleur et leur robustesse caractéristiques. Des restaurations successives ont permis de conserver ce patrimoine pour les générations futures, grâce à l’engagement des propriétaires et des associations locales de sauvegarde.
À quoi servait un colombier
Un colombier, ou pigeonnier, abritait des pigeons élevés pour leur chair et pour leur fiente, la colombine, très recherchée comme engrais. À l’intérieur, les murs sont percés de niches, les boulins, où nichaient les oiseaux. Dans les grands colombiers, une échelle tournante fixée sur un axe central permettait d’atteindre chaque niche pour récolter les œufs et les jeunes pigeons.
Un privilège seigneurial
Sous l’Ancien Régime, posséder un colombier à pied, c’est-à-dire une tour indépendante dont les niches descendent jusqu’au sol, était en Bretagne un droit réservé aux seigneurs. Les pigeons se nourrissaient librement dans les champs des paysans, ce qui rendait ce privilège très impopulaire. Les droits seigneuriaux, dont celui de colombier, furent abolis à la Révolution, et de nombreux colombiers furent alors abandonnés ou détruits ; ceux qui subsistent sont devenus des témoins précieux de cette organisation sociale.
Bégard, une commune d’histoire
Bégard est connue pour avoir accueilli la première abbaye cistercienne de Bretagne, dont l’influence a longtemps marqué la vie du pays. Le colombier s’inscrit dans ce patrimoine communal, qui se découvre au fil d’une promenade dans le bourg et ses environs.
Visite et informations pratiques
La visite du colombier de Bégard s’insère naturellement dans un circuit du patrimoine breton. Certains monuments sont ouverts au public en saison ou sur demande, tandis que d’autres s’admirent depuis l’extérieur lors de promenades sur les sentiers du Trégor. Les Journées du patrimoine en septembre sont l’occasion idéale pour découvrir des édifices habituellement fermés. Renseignez-vous auprès de l’office de tourisme des Côtes-d’Armor pour planifier votre visite.
Pour comparer, le colombier du château de Rosanbo montre un autre exemple trégorrois, et la maison à colombage de Tréguier illustre l’architecture urbaine de la même région.
Reconnaître un colombier
Un colombier se repère souvent à sa forme ronde ou carrée, à son toit en poivrière et à un rebord de pierre en saillie, la randière, qui empêchait rats et fouines de grimper jusqu’aux ouvertures. Les petites lucarnes d’envol, sous le toit, laissaient entrer et sortir les pigeons.

















