Le château de Rosanbo est une demeure seigneuriale située à Lanvellec, village du Trégor dans les Côtes-d'Armor, construite sur un éperon qui domine la vallée du Bô. Aux mains de la même famille depuis le XIVe siècle, le château est inscrit monument historique depuis le 22 mars 1930 et son parc depuis le 20 mars 1995.
Rosanbo en quatre repères
- Adresse : Rosanbo, 22420 Lanvellec, à une quinzaine de kilomètres de Lannion.
- Un nom breton, roz an Bo, le coteau sur le Bô.
- Les Coskaër puis les Le Peletier, une famille liée au Parlement de Paris.
- Un parc redessiné par Achille Duchêne, protégé avec le château.
Où se trouve le château de Rosanbo ?
Le château de Rosanbo se trouve sur la commune de Lanvellec, dans le Trégor, à l'ouest des Côtes-d'Armor. Le site officiel du domaine le situe à une quinzaine de kilomètres de Lannion, près du bourg de Lanvellec et non loin de Plouaret. L'adresse postale tient en trois mots : Rosanbo, 22420 Lanvellec. On n'y arrive pas par hasard : la demeure est cachée dans les bois, en surplomb de la rivière, loin des routes principales de la côte.
Depuis Lannion, on prend la direction de Plouaret puis de Lanvellec ; depuis Morlaix, la route de Plouigneau et de Plounérin rejoint le même secteur. La gare la plus pratique est celle de Plouaret-Trégor, sur la ligne Paris-Brest. Pour l'itinéraire exact et la distance depuis votre point de départ, une carte en ligne suffit : il faut simplement viser le lieu-dit Rosanbo plutôt que le centre de la commune de Lanvellec, situé à quelques kilomètres.
La terre de Rosanbo occupe un paysage typique de l'intérieur du Trégor : un plateau de bocage entaillé de vallées boisées. Ce n'est pas la Bretagne des falaises et du granit rose, qui commence à une vingtaine de kilomètres au nord, sur la côte de Perros-Guirec et de Trégastel. Lanvellec appartient à Lannion-Trégor Communauté, et l'office de tourisme de cette région des Côtes-d'Armor donne les informations touristiques à jour sur le secteur, l'hébergement compris. C'est celle des manoirs et des chapelles, et Rosanbo en est l'un des exemples les plus complets.
Quelle est l'origine de son nom ?
L'origine de son nom est géographique. Rosanbo vient du breton roz an Bo : le roz désigne un coteau ou un promontoire, et le Bô est la rivière qui coule en contrebas. Le nom décrit donc exactement l'emplacement de la demeure, posée sur le rebord d'un plateau qui tombe vers la vallée. Ce choix n'avait rien de décoratif au Moyen Âge : une position dominante se défendait mieux et surveillait le passage du cours d'eau.
Le toponyme est ensuite devenu un nom de famille. Les seigneurs du lieu se sont appelés Coskaër de Rosanbo, puis la branche des Le Peletier qui a hérité du domaine a pris le nom de Le Peletier de Rosanbo. On retrouve ce nom dans l'histoire politique et judiciaire française bien au-delà de la Bretagne, ce qui explique qu'une terre du Trégor soit liée à des personnages parisiens de premier plan.
L'histoire du château de Rosanbo, du manoir médiéval à la fondation
L'histoire du château de Rosanbo s'étend sur près de mille ans selon le domaine lui-même, qui évoque des fondations anciennes au-dessus de la vallée du Bô. La demeure actuelle est le résultat d'agrandissements successifs : un manoir gothique au XVe siècle, puis des campagnes de travaux aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. C'est ce qui donne au château son allure composite, où des corps de logis d'époques différentes se juxtaposent autour de la cour.
Les Coskaër, seigneurs de Rosanbo
Les Coskaër de Rosanbo possèdent la terre depuis le XIVe siècle. C'est une famille de la noblesse bretonne, comme le Trégor en comptait beaucoup, dont la fortune reposait sur la terre, les métairies et les droits seigneuriaux. Le colombier du domaine, qui fait l'objet d'une fiche consacrée au colombier du château de Rosanbo, rappelle l'un de ces privilèges : seul le seigneur avait le droit d'élever des pigeons en si grand nombre.
1688 : l'alliance avec les Le Peletier
Le tournant se produit en 1688. Geneviève de Coskaër de Rosanbo épouse Louis II Le Peletier (1662-1730), président à mortier au Parlement de Paris. Son père, Claude Le Peletier (1631-1711), avait été prévôt des marchands de Paris puis contrôleur général des finances, successeur de Colbert auprès de Louis XIV. La terre de Rosanbo entre ainsi dans une famille de grands magistrats, qui en portera le nom pendant plus de trois siècles.
Le lien avec le Parlement de Paris traverse ensuite tout le XVIIIe siècle. Louis Le Peletier de Rosanbo, lui aussi président au Parlement, épouse une fille de Guillaume-Chrétien de Lamoignon de Malesherbes, le ministre qui défendra Louis XVI. Il est guillotiné en 1794, sous la Terreur, avec son beau-père ; les Lamoignon et les Le Peletier payent ainsi très cher leur fidélité à la monarchie. Par les alliances de la génération suivante, la famille se trouve apparentée à Chateaubriand et à Alexis de Tocqueville, dont la mère était une Le Peletier de Rosanbo. Le château garde le souvenir de ces figures, auxquelles s'ajoutent Vauban et le juriste Pierre Pithou.
La Fondation Alain de Rosanbo
Aujourd'hui, le domaine appartient à la Fondation Alain de Rosanbo, reconnue d'utilité publique en 2011. Ce statut permet de maintenir l'ensemble (château, parc, bois et bâtiments agricoles) sans le diviser au gré des successions. La fondation présente le site comme un refuge pour la faune et la flore, avec un objectif affiché de protection de la biodiversité. Le nom d'Alain, marquis de Rosanbo, reste ainsi attaché à la transmission du domaine.
Que voir au château : architecture, bibliothèque et souvenirs
Le château se lit comme un livre d'architecture bretonne. Le noyau le plus ancien, gothique, se reconnaît à ses ouvertures étroites et à sa maçonnerie de granite. Les ailes plus récentes, percées de grandes fenêtres régulières, correspondent au goût classique importé par une famille qui vivait une partie de l'année à Paris. Cette superposition est précisément ce qui fait l'intérêt du monument historique : on y voit comment un manoir médiéval devient une résidence aristocratique.
À l'intérieur, la visite guidée traverse les pièces de réception meublées et évoque les grandes figures de la famille. La bibliothèque est l'une des pièces les plus citées : elle réunit plusieurs milliers d'ouvrages constitués au fil des générations de magistrats. Le nombre exact de volumes varie selon les sources et nous ne l'avons pas vérifié ; mieux vaut le demander au guide.
Le parc et les jardins de Rosanbo
Le parc est la partie la plus connue du domaine après le château lui-même. Il a été redessiné par Achille Duchêne, paysagiste des grandes demeures de la Belle Époque, qui a réinterprété l'art du jardin à la française. On y trouve des allées de charmilles, des tonnelles et des chambres de verdure, un vocabulaire régulier qui contraste avec les bois sauvages de la vallée du Bô.
Le parc et les jardins sont inscrits monument historique depuis le 20 mars 1995, soit 65 ans après le château. Plusieurs guides régionaux présentent le lieu comme un jardin remarquable ; le label officiel peut évoluer, il se vérifie sur le site du domaine ou auprès du comité régional des parcs et jardins. Au printemps et en été, la promenade dans les charmilles se combine volontiers avec la découverte des bois de la terre de Rosanbo.
Préparer sa visite : horaires, tarifs et activités
Le château de Rosanbo est une propriété privée qui ouvre au public sur des périodes définies, essentiellement en saison. Les horaires d'ouverture, les jours de visite et les tarifs changent d'une année à l'autre et ne sont pas affichés sur la page d'accueil du site rosanbo.net au moment de notre relevé du 16 septembre 2026. Plutôt que de recopier des chiffres périmés, nous renvoyons à la source : le site officiel et l'adresse visitechateau@rosanbo.net, que le domaine indique pour les visites.
Ce qu'il faut savoir avant de partir :
- la visite du château se fait en principe accompagnée d'un guide, alors que le parc se prête davantage à une visite libre ;
- les groupes réservent à l'avance, en passant par l'adresse de contact du domaine ;
- les Journées européennes du patrimoine, en septembre, sont souvent l'occasion d'une ouverture ;
- des événements (concerts, animations, rendez-vous nature) sont annoncés par le domaine et par l'office de tourisme de la Côte de Granit Rose.
Comptez une demi-journée pour le château, le parc et le village voisin, et vérifiez les conditions d'accès et les informations sur chaque événement avant de venir : une ouverture annoncée peut être déplacée. La balade dans le parc se prête aussi aux jours gris, fréquents dans les Côtes-d'Armor. Côté activités, le domaine combine la visite historique, la promenade au jardin et l'observation de la nature, ce qui en fait une sortie adaptée aux familles comme aux amateurs d'architecture.
Lanvellec et le patrimoine autour de Rosanbo
La commune de Lanvellec ne se résume pas au château. Son église Saint-Brandan abrite un orgue de Robert Dallam daté de 1653, l'un des plus anciens instruments de Bretagne encore joués, autour duquel s'est construit un festival de musique ancienne. Coupler la visite de Rosanbo avec un concert ou un passage à l'église donne une idée juste de ce que la noblesse et les paroisses du Trégor ont laissé dans ce coin des Côtes-d'Armor.
Pour prolonger le circuit des demeures seigneuriales, deux sites se rejoignent facilement en voiture. La forteresse en ruine de Tonquédec, sur le Léguer, montre ce qu'était un château de guerre du Moyen Âge : les remparts et les tours du château de Tonquédec sont l'opposé exact de la résidence de Rosanbo. Plus à l'est, au-dessus du Trieux, le château de la Roche-Jagu et son parc offre un autre exemple de demeure fortifiée entourée de jardins. Ensemble, ces trois étapes racontent l'évolution du château en Bretagne, de la défense à l'agrément.
Questions fréquentes sur le château de Rosanbo
- Le château de Rosanbo est-il classé monument historique ?
- Il est inscrit monument historique depuis le 22 mars 1930 ; son parc et ses jardins le sont depuis le 20 mars 1995.
- À qui appartient le château de Rosanbo ?
- Il appartient à la Fondation Alain de Rosanbo, reconnue d'utilité publique en 2011, héritière de la famille propriétaire depuis le XIVe siècle.
- Que signifie le nom Rosanbo ?
- Il vient du breton roz an Bo, le coteau ou promontoire qui domine la rivière du Bô.
- Peut-on visiter le château toute l'année ?
- Non, la propriété ouvre sur des périodes définies ; les dates, horaires et tarifs se consultent sur rosanbo.net.

















